Collectif 49 701

LES TROIS MOUSQUETAIRES – LA SÉRIE

LE PROJET

 

Travailler un roman au long cours, un véritable récit.

Travailler ensemble : pendant des semaines, des mois, peut-être des années, et explorer progressivement, au fil des épisodes, la complexité d’une oeuvre.

Décider de vieillir avec elle.

En partager les replis avec des spectateurs qui seraient parties prenantes d’un processus de création toujours en cours, d’une oeuvre toujours en dévoilement .

Les Trois Mousquetaires s’imposent.

Parce que c’est un roman d’action.

Parce que c’est un roman qui se joue dans Paris, dans la ville, chez nous.

Parce que c’est le roman d’une bande et que c’est ce que nous sommes.

 

DanseBal-retail


POURQUOI RÉARMER LES MOUSQUETAIRES ?


Il faut accepter de voir le passé plus mouvant que le présent et plus incertain que l’avenir.

Pascal Quignard

Qui peut aujourd’hui, en France et ailleurs, ignorer les noms d’Athos, de Porthos, d’Aramis et de d’Artagnan ?
La gloire qui les précède occulte les réalités du texte de Dumas. Car en vérité, les mousquetaires imposent dans le roman et sur la scène de l’histoire une singulière figure de héros. Débraillés, avinés, écorchés, violents, amoraux et coureurs, non seulement ils ne sont pas les grands chevaliers que l’on croit, mais surtout ils occupent dans le royaume une place politique unique. Armés et légitimés par le roi, leur liberté d’action semble illimitée et pourtant, presque aucun de leurs faits d’armes ne se fait dans la légalité. Ils sont des héros en zone grise ; ils se tiennent au milieu, entre César et Mandrin, entre le souverain et le hors-la-loi.

Ce qui nous intéresse, obscurément, passionnément, dans ce block-buster de la littérature, bien rangé aux premiers rayons de l’enfance, c’est la généalogie de cette violence d’état, éruptive, comique, chaotique et sanglante.

Les mousquetaires, au moment où la France féodale meurt doucement pour être remodelée entre les mains d’un seul ministre, le Cardinal de Richelieu – qui la pare d’édits nouveaux et élimine en elle tous ceux qui l’affaiblissent ou la divisent, nobles et protestants – incarnent un désordre qui perdure, qui insiste, qui résiste, comme une fureur puérile que l’on ne parvient pas à faire taire. D’ailleurs, à Paris, en 1625, « il y avait les seigneurs qui guerroyaient entre eux ; il y avait le roi qui faisait la guerre au cardinal ; il y avait l’Espagnol qui faisait la guerre au roi. Puis, outre ces guerres sourdes ou publiques, secrètes ou patentes, il y avait encore les voleurs, les mendiants, les huguenots, les loups et les laquais, qui faisaient la guerre à tout le monde » : la guerre civile règne sur le royaume et prolifère à un point tel qu’elle en devient comique. Et de même, « les mousquetaires sont des barbares !!! » crie une femme du peuple dans l’adaptation. De fait, le roman ne saurait exister sans cette haine tenace qui est le véritable moteur de l’histoire : mousquetaires contre gardes du cardinal. À travers ces soldats des deux bords, ce sont deux têtes de la royauté, deux visages du pouvoir qui se toisent, se croisent, reculent parfois et s’affrontent souvent.

Dans ce chantier de ce qu’on appellera plus tard « la monarchie absolue », dans ce royaume de l’entre-deux politique, nous réarmons donc les mousquetaires, sans ranger les formes, et en tachant de rendre hommage à l’énergie brutale et bordélique de ces jeunes hommes qui – tous pour un et un pour tous – mourraient sur place plutôt que de rendre leur épée.

 

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